Allergie peut-on se vacciner sans risque contre la Covid-19 ?

La vaccination anti-Covid suscite encore des réticences, la plupart du temps par peur d’effets secondaires. Pour les personnes allergiques, il n’y a pas de crainte particulière à avoir. Seules l’allergie à certains excipients contenus dans les vaccins, ou l’allergie au vaccin lui-même, peut contre-indiquer la vaccination.

Or, ce type de réaction est très rare. “Moins d’une personne sur 100 000 est concernée”, assure le Pr Frédéric Bérard, chef du service d’allergologie du CHU de Lyon et président du Collège des enseignants d’allergologie. Et même en cas de réaction à un composant du vaccin, il existe des solutions alternatives efficaces pour se protéger contre la Covid-19.

Faut-il faire un bilan allergique avant de se faire vacciner contre la Covid-19 ?

Dans la grande majorité des cas, ce bilan n’est pas nécessaire. Même les personnes qui ont subi des épisodes sévères, par exemple un choc anaphylactique suite à l’ingestion d’un aliment ou à une piqûre d’insecte, n’ont pas besoin de pratiquer un test avant de se faire vacciner.

Seules les personnes ayant déjà fait une réaction sévère après un autre vaccin, un médicament non identifié ou un traitement injectable devront consulter un allergologue au préalable et/ou le signaler à leur médecin traitant, explique la Société française d’allergologie dans un communiqué du 2 août 2021.

Quelles sont les allergies qui contre-indiquent la vaccination anti-Covid ?

Deux excipients peuvent être à l’origine de réactions allergiques à la vaccination anti-Covid. Il s’agit d’une part du polyéthylène glycol (PEG) contenu dans les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) et, d’autre part, du polysorbate que l’on retrouve dans les vaccins anti-Covid des laboratoires AstraZeneca et Janssen (Johnson et Johnson).

  • Le PEG est une molécule couramment utilisée dans des cosmétiques (crèmes, shampoings, teintures capillaires…) et des produits pharmaceutiques (laxatifs, préparations pour coloscopie…).
  • Le polysorbate entre aussi dans la composition de certains médicaments injectables et d’autres vaccins plus “classiques”.

“Ces deux excipients sont en général mal absorbés par le tube digestif, ce qui fait que les réactions à un médicament pris par voie orale sont exceptionnelles. On constate donc plutôt des allergies provoquées par les formes injectables des médicaments contenant du PEG ou du polysorbate”, observe le Dr Bérard.

Que se passe-t-il en cas d’allergie à l’un de ces excipients ?

Concrètement, une personne qui se sait allergique au PEG ou au polysorbate doit le signaler à son médecin traitant ou à son allergologue avant la première injection de vaccin anti-Covid.

Un test cutané (une goutte de produit incriminé est déposée sur la peau) sera réalisé à l’hôpital, sous surveillance médicale. Ce test dure moins d’une heure.

  • Si le résultat est négatif, “la personne peut être vaccinée. On peut même pratiquer l’injection immédiatement sur place”, estime le Dr Bérard.
  • Si le test est positif, différentes solutions permettent de vacciner quand même la personne :
    En cas d’allergie au PEG, les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) sont contre-indiqués. Mais il est possible de vacciner avec le vaccin AstraZeneca ou Janssen, après avoir vérifié que la personne n’est pas allergique au polysorbate.
    En cas d’allergie au polysorbate, les vaccins AstraZeneca et Janssen sont contre-indiqués. On propose une vaccination avec Pfizer ou Moderna, après avoir vérifié que la personne n’est pas allergique au PEG.
    – Et si le patient est allergique à la fois au PEG et au polysorbate ? Dans ce cas (extrêmement rare), le médecin lui délivre un certificat de contre-indication à la vaccination anti-Covid.

Que se passe-t-il en cas d’allergie après une 1ère dose de vaccin anti-Covid ?

Après l’injection du vaccin, il est conseillé de rester sous surveillance pendant un quart d’heure. En effet, les réactions les plus sévères se produisent dans les minutes qui suivent la vaccination.

Si le patient développe des effets indésirables laissant penser qu’il est allergique au vaccin, il devra subir des tests allergologiques en milieu hospitalier avant d’envisager une deuxième dose, nécessaire pour obtenir une couverture vaccinale complète. À partir de là, plusieurs situations sont possibles :

  • Si le test est négatif, cette deuxième injection est pratiquée sans changer de vaccin. Par précaution, “on prémédiquera le malade avec un médicament antihistaminique avant l’injection de rappel. Tout se passe à l’hôpital sous étroite surveillance”, explique l’allergologue.
  • Si le test est positif, “on ne réalisera pas le rappel avec ce vaccin. On pourra alors choisir un autre vaccin ne contenant pas l’allergène (après avoir réalisé des tests cutanés avant la vaccination avec ce nouveau vaccin). En revanche, si tous les tests sont positifs pour les autres vaccins, on délivrera alors un certificat de contre-indication pour le rappel”, précise le Pr Bérard.

Dans tous les cas, que l’on soit vacciné ou non, les gestes-barrières comme le port du masque et le lavage régulier des mains, restent essentiels pour se protéger et protéger les autres de l’épidémie de Covid-19.

En effet, précise l’allergologue, aucun vaccin ne protège à 100 % de l’infection, mais une écrasante majorité des malades vaccinés sera au moins protégée contre le risque de forme grave.