Covid-19 : qui sont les personnes à risque de formes graves ?

 

S’l n’est pas toujours possible de prédire qui sont les personnes chez lesquelles le Covid-19 guérira spontanément et celles qui devront être hospitalisées en raison d’une forme grave de la maladie, c’est parce que cette évolution dépend notamment de la manière dont le système immunitaire va répondre à l’infection par le SARS-CoV-2.

En effet, chez certains patients, la maladie reste asymptomatique jusqu’à sa guérison tandis que d’autres ont des symptômes plus ou moins importants (fatigue, fièvre, toux, essoufflement, perte du goût et de l’odorat, etc), mais guérissent seul, sans traitement spécifique. Il existe cependant des catégories de patients plus à risque de déclencher une forme grave de la maladie qui engage leur pronostic vital.

Les personnes âgées sont plus vulnérables face au coronavirus

L’âge a une influence majeure dans la survenue des décès liés à la pandémie de Covid-19, comme l’a rappelé la Haute Autorité de Santé dans un avis publié le 2 mars 2021 (source 1). D’après l’analyse des dernières données issues des séjours hospitaliers en France, comparativement aux 18-49 ans : 

  • les personnes de 50 à 64 ans ont trois fois plus de risque de décéder de la Covid-19,
  • les personnes de 65 à 74 ans ont sept fois plus de risque de décéder de la Covid-19,
  • les personnes de 75 à 80 ans ont dix fois plus de risques de décéder de la Covid-19,
  • et les personnes de plus de 80 ans ont seize fois plus de risques de décéder de la Covid-19. 

On observe toutefois des formes graves de la maladie chez des jeunes adultes.

Les enfants de moins de quinze ans, eux, restent peu susceptibles de déclencher une forme sévère de coronavirus. Même s’ils présentent des formes moins graves, voire asymptomatiques de la maladie, ils restent contaminants. Depuis le début de l’épidémie, les médecins ont également observé une recrudescence de jeunes patient.e.s présentant des formes atypiques de maladie de Kawasaki. Plusieurs milliers de patient.e.s souffriraient également de syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (MIS-C). Des recherches sont toujours en cours pour comprendre les possibles liens entre la Covid-19 et ces deux pathologies.

Qui sont les personnes à “haut risque” face à la Covid-19 ?

La présence de certaines comorbidités peut être un facteur de risque de formes graves et de décès : 

  • les personnes diabétiques (de type 1 ou 2), en particulier les diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie, sachant que le risque pourrait être plus élevé chez les jeunes diabétiques ;
  • les personnes en situation d’obésité présentant un IMC supérieur à 30kg/m2, sachant que le risque pourrait être plus élevé chez les jeunes patients ; 
  • les personnes souffrant de cancers et sous traitement, en particulier s’il s’agit d’un cancer récent et/ou en progression et/ou sous chimiothérapie, sachant que les personnes atteintes de cancers hématologiques semblent plus à risque ;
  • les personnes présentant une insuffisance respiratoire ou une BPCO
  • les personnes présentant une insuffisance cardiaque ;
  • les personnes présentant une hypertension artérielle compliquée ;
  • les personnes atteintes de maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;
  • les personnes présentant des troubles psychiatriques ;
  • les personnes atteintes de démence ;
  • les personnes présentant un antécédent d’accident vasculaire cérébral.

Qui sont les personnes à “très haut risque” face à la Covid-19 ?

Le risque de décès est majoré pour :

  • les personnes atteintes de trisomie 21, surtout à partir de 40 ans ;
  • les personnes ayant reçu une transplantation d’organe ;
  • les patient.e.s présentant une insuffisance rénale chronique dialysée.

D’autres comorbidités sont encore à l’étude 

D’autres comorbidités ont encore un “rôle discutable”. “Les résultats issus de l’analyse de la littérature n’étant pas concordants ou trop limités à ce stade, ils ne permettent pas, en l’état des connaissances, de confirmer un sur-risque d’hospitalisation et en particulier de décès”, précise la Haute Autorité dans son rapport du 2 mars. Il s’agit :

  • des personnes présentant une coronaropathie ;
  • des personnes atteintes d’une maladie inflammatoire et/ou auto-immune
  • des personnes vivant avec le VIH

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Quelles personnes “à risque” sont prioritaires pour la vaccination contre la Covid-19 ?

Le gouvernement a précisé, vendredi 30 avril 2021, la liste des comorbidités donnant un accès prioritaire à la vaccination par Pfizer-BioNTech ou Moderna (source 5) : 

  • Pathologies cardio-vasculaires (hypertension artérielle compliquée, antécédent d’accident vasculaire cérébral, antécédent de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque, antécédents de coronaropathie).
  • Diabète de types 1 et 2 ;
  • Pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d’une infection virale, (notamment : broncho pneumopathie obstructive, insuffisance respiratoire, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil).
  • Insuffisance rénale chronique ;
  • Obésité avec indice de masse corporelle (IMC) ≥30 ;
  • Cancer ou hémopathie maligne ;
  • Maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;
  • Immunodépression congénitale ou acquise ;
  • Syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;
  • Pathologies neurologiques (maladies du motoneurone, myasthénie grave, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, paralysie cérébrale, quadriplégie ou hémiplégie, tumeur maligne primitive cérébrale, maladie cérébelleuse progressive).
  • Troubles psychiatriques ;
  • Démence.

Dans un avis publié le 30 avril 2021 (source 6), la Haute Autorité de Santé recommande de vacciner les proches de personnes immunodéprimées par vaccin à ARN messager ou Johnson & Johnson. Elle estime que cette stratégie “cocooning” doit cibler en priorité l’entourage des personnes transplantées d’organes solides ou de cellules souches hématopoïétiques, des personnes sous chimiothérapie lymphopéniante, des personnes recevant un traitement par anti-CD20 et personnes dialysées chroniques, et, au cas par cas, des personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas de ces catégories ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif, après avis spécialisé.

Évolution de la maladie : les patients peuvent être classés en trois groupes

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université du Minnesota (Etats-Unis) ont identifié trois phénotypes cliniques de Covid-19, reflétant des populations de patients présentant différentes comorbidités, complications et résultats cliniques. Ces trois phénotypes associés à des caractéristiques distinctes, et qui peuvent répondre différemment aux traitements des médecins, ont été décrits dans une étude publiée dans la revue Plos One en mars 2021.

Pour mener cette étude, les chercheurs ont analysé les dossiers de santé électroniques de 14 hôpitaux du Midwest des États-Unis et de 60 cliniques de l’État du Minnesota. Des données étaient disponibles pour 7 538 patients atteints de Covid-19, dont 1 022 ont dû être hospitalisés. Les données sur chaque patient comprenaient les comorbidités (association de deux maladies, psychiques ou physiques), les traitements en cours, les analyses réalisées en laboratoire, les précédentes visites à la clinique, les informations sur les admissions à l’hôpital et les données socio-démographiques pour savoir à quel phénotype il appartenait.

Les résultats ont montré que la plupart des patients inclus dans l’étude (613 patients, soit 60%) ont présenté ce que les chercheurs ont appelé “phénotype II”. Par ailleurs, 236 patients (23,1%) présentaient un “phénotype I” ou un “phénotype indésirable“, qui était associé aux pires résultats cliniques. Ces patients présentaient en effet le niveau le plus élevé de comorbidités hématologiques, rénales et cardiaques et étaient plus susceptibles d’appartenir à des minorités. Enfin, 173 patients (16,9%) ont présenté un “phénotype III” aussi appelé “phénotype favorable“, qui était associé aux meilleurs résultats cliniques : leur taux de complications et de mortalité étaient les plus faibles du panel.

Mais paradoxalement, “les patients de ce groupe avaient le taux le plus élevé de comorbidités respiratoires telles que l’asthme et la BPCO“, affirment les chercheurs. Mais aussi un risque de réadmission à l’hôpital plus important de l’ordre de 10% par rapport aux autres phénotypes. “Il est possible que ces comorbidités respiratoires préexistantes les aient prédisposés à des séquelles à plus long terme qui auraient pu entraîner ce taux de réadmission, bien que des études supplémentaires soient nécessaires”, ajoutent-ils. Pour autant, leur profil favorable peut s’expliquer par le fait que ces patients sont plus susceptibles d’utiliser des médicaments qui peuvent être protecteurs contre l’infection.

Dans l’ensemble, les patients de phénotypes I et II étaient respectivement associés à des augmentations de 7,30 fois et de 2,57 fois du risque de décès par rapport au phénotype III. Les auteurs notent que les soins médicaux spécifiques au phénotype pourraient améliorer la prise en charge et suggèrent que d’autres études sont nécessaires pour déterminer l’utilité de ces résultats dans la pratique clinique. “Les patients ne souffrent pas de Covid-19 de manière uniforme. En identifiant ceux affectés de la même manière, nous améliorons notre compréhension du processus de la maladie et cela nous permettra de cibler précisément les interventions futures sur les patients les plus à risque”, concluent-ils.

Pourquoi certaines personnes contractent-elles un COVID-19 sévère ? La réponse peut se trouver dans le nez

Au cours de ces derniers mois, les chercheurs ont beaucoup appris sur le COVID-19 et sa cause virale, le SARS-CoV-2. Mais il reste encore de nombreuses questions sans réponse, telle que pourquoi certaines personnes développent-elles une forme sévère et pas d’autres ? En partant du constat que la première rencontre du corps avec le SARS-CoV-2 se produit dans le nez et la gorge, des chercheurs s du Boston Children’s Hospital et du MIT se sont demandés si cette évolution vers une maladie grave ne pourrait pas commencer lorsque le virus pénètre dans le nez. Leur étude publiée dans la revue Cellmontre que l’évolution vers un COVID-19 sévère peut être déterminée par la réponse antivirale intrinsèque du corps à l’infection initiale.

L’équipe scientifique a souhaité « cartographier » l’infection par le SARS-CoV-2 dans le nasopharynx. Elle a pour cela obtenu des écouvillonnages nasaux de 35 adultes atteints de COVID-19, allant de légèrement symptomatiques à gravement malades. Ils ont aussi obtenu des écouvillons de 17 sujets témoins et de six patients souffrant d’insuffisance respiratoire pour d’autres raisons. Les chercheurs ont séquencé l’ARN de chaque cellule et les résultats ont montré que les cellules épithéliales tapissant le nez et la gorge subissent des changements majeurs en présence du virus. Mais la principale découverte est survenue lorsque l’équipe a comparé les écouvillonnages nasopharyngés de personnes présentant une gravité différente de la maladie.

Il s’avère en effet que les cellules prélevées sur des patients ayant développé une maladie grave ont eu une réponse antivirale atténuée par rapport à celles qui ont développé une maladie bénigne. Par ailleurs, les patients atteints de COVID-19 sévère avaient quant à eux des quantités plus élevées de macrophages hautement inflammatoires, c’est-à-dire des cellules immunitaires qui contribuent à des quantités élevées d’inflammation. Étant donné que tous les écouvillonnages ont été prélevés au moment du diagnostic, soit bien avant que l’infection n’ait atteint son pic maximal chez les patients, ces deux résultats indiquent que l’évolution d’un cas de COVID-19 peut être déterminée par la réponse initiale des cellules épithéliales nasales et immunitaires face au virus.

Car comme l’explique l’équipe scientifique, « l’absence d’une forte réponse antivirale initiale peut permettre au virus de se propager plus rapidement, augmentant les chances qu’il puisse se déplacer des voies respiratoires supérieures vers les voies respiratoires inférieures. » Une découverte importante puisqu’elle suggère qu’il serait possible de développer des interventions précoces qui empêchent le développement d’un COVID-19 sévère. Concrètement, les scientifiques pourraient avoir recours aux mêmes écouvillons nasaux utilisés pour diagnostiquer un COVID-19 afin d’identifier rapidement les cas potentiellement graves avant que l’infection ne se développe à son maximum, créant ainsi une opportunité pour une intervention précoce efficace.

Un gène lié à la calvitie peut également augmenter les risques de Covid-19 chez les hommes

De nombreuses études tendent à montrer que le Covid-19 est plus mortel pour les hommes que pour les femmes, et de nouvelles recherches relient une partie de cet excès de risque à un gène connu pour provoquer une forme de perte de cheveux chez les hommes. Une équipe de chercheurs américains a suspecté ce lien après avoir remarqué que les hommes souffrant d’une forme courante de perte de cheveux hormono-sensible, connue sous le nom d’alopécie androgénétique (aussi nommée calvitie), étaient plus susceptibles d’être hospitalisés pour Covid-19. Elle a présenté ses résultats lors de la réunion virtuelle de printemps de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie.

« Parmi les hommes hospitalisés atteints de Covid-19, 79 % présentaient une alopécie androgénétique, contre 31 % à 53 % qui seraient attendus dans une population comparable d’âge similaire.», a déclaré l’équipe dirigée par le Dr Andy Goren, médecin en chef chez Applied Biology Inc, société de biotechnologie spécialisée dans la science capillaire. Les chercheurs ont noté que l’alopécie androgénétique est causée par l’activité du gène du récepteur aux androgènes (AR), qui peut entraîner une perte de cheveux chez certains hommes. Or, une enzyme appelée TMPRSS2, clé de l’infection au COVID-19, est également sensible aux androgènes et pourrait aussi être affectée par le gène AR.

Les chercheurs émettent donc l’hypothèse qu’un segment clé du gène AR peut affecter à la fois la gravité du COVID-19 et la propension des hommes à perdre leurs cheveux en raison de l’alopécie androgénétique. Pour confirmer cette idée, ils ont effectué une analyse génétique de 65 hommes hospitalisés pour COVID-19 et ont constaté que ceux présentant certaines différences structurelles dans le gène AR étaient plus susceptibles de développer un COVID-19 sévère. S’exprimant dans un communiqué de presse, le Dr Goren note que l’aberration du gène AR « pourrait être utilisée comme biomarqueur pour aider à identifier les patients masculins COVID-19 les plus à risque d’admission aux soins intensifs ».

Le spécialiste estime également que « l’identification d’un biomarqueur lié au récepteur des androgènes est un autre élément de preuve soulignant le rôle important des androgènes (hormones mâles) dans la gravité de la maladie COVID-19. » Mais ces résultats ayant été présentés lors d’une réunion médicale, ils doivent être considérés comme préliminaires jusqu’à ce qu’ils soient publiés dans une revue à comité de lecture. Par ailleurs des recherches supplémentaires sont nécessaires pour aider les chercheurs à déterminer si les médicaments antis-androgènes seront aussi utiles dans le traitement de patients atteints de COVID-19 dont le profil correspond à cette récente découverte.

Une variante génétique héritée des Néandertaliens réduit le risque de forme sévère

Des chercheurs ont découvert qu’un groupe de gènes hérités des hommes de Néandertal réduisait le risque de développer une forme sévère de la Covid-19. Leur étude publiée dans la revue PNAS (source 2) montre qu’une variante du gène sur le chromosome 12 est liée à un risque réduit de 20% d’être admis en unité de soins intensifs.

L’année dernière, cette même équipe scientifique rapportait à l’inverse que le plus grand facteur de risque génétique (situé sur le chromosome 3 et doublant le risque d’insuffisance respiratoire et d’hospitalisation) avait été hérité des Néandertaliens (étude publiée par la revue Nature, source 3). Mais “l’une des régions nouvellement identifiées porte une variante presque identique à celles trouvées chez trois Néandertaliens : l’un d’environ 50 000 ans, originaire de Croatie et deux autres âgés d’environ 70 000 ans et 120 000 ans, originaires du sud de la Sibérie. Plutôt que d’augmenter le risque face au virus, ce facteur génétique offre une protection contre la Covid-19”, indiquent les chercheurs. 

L’équipe a examiné de plus près les gènes situés dans cette nouvelle région, appelée OAS. Ils ont découvert que trois d’entre eux codent pour des enzymes produites lors d’une infection virale et activent d’autres enzymes qui dégradent les génomes viraux dans les cellules infectées. “Les enzymes codées par le variant du Néandertal sont plus efficaces, réduisant le risque de conséquences graves de l’infection par le SRAS-CoV-2″, notent les chercheurs. Ils ont également étudié comment le variant du gène protecteur des Néandertaliens a augmenté en fréquence depuis la dernière période glaciaire, plus précisément comment celui-ci a changé de fréquence après s’être retrouvé chez les humains modernes (il y a environ 60 000 ans). Ils ont constaté que la fréquence de la variante augmentait après la dernière période glaciaire, notamment au cours du dernier millénaire. En conséquence, elle toucherait aujourd’hui environ la moitié des personnes vivant en dehors de l’Afrique et environ 30% des personnes au Japon.

Pour le Pr Pääbo, directeur de l’étude, “l’augmentation de la fréquence de cette variante protectrice de Néandertal suggère qu’elle a pu être bénéfique dans le passé, peut-être lors d’autres épidémies causées par des virus à ARN”. A noter qu’une autre étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur avait démontré que des gènes néandertaliens étaient à l’origine de la stimulation immunitaire et des allergies des hommes modernes. Ainsi, les hommes modernes et ceux de Néandertal se sont croisés en Europe il y a plusieurs millénaires. Leur mélange a introduit des variations génétiques ayant renforcé la capacité de leurs porteurs à se prémunir contre les infections, tout en prédisposant certains aux allergies.

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Covid-19 : être sensible à l’amertume des aliments serait associé à un moindre risque

“Supertaster”, littéralement “super-goûteur”, voilà comment les chercheurs qualifient quelqu’un qui est très sensible à l’amertume des aliments. Une particularité qui pourrait bien protéger d’une infection par le nouveau coronavirus Sars-CoV-2, si l’on en croit les conclusions d’une étude scientifique parue le 25 mai 2021 dans le JAMA Network Open

L’étude a été menée auprès de 1 935 adultes (dont l’âge moyen était de 46 ans), dont le goût a été testé à l’aide de bandes de papier. Toutes ont été incluses avant d’avoir la Covid-19, puisque cela peut compromettre le goût et l’odorat. 

Les participants ont été placés dans trois groupes : les “non-taster”, qui ne parviennent pas à détecter certains goûts amers, les “super-taster”, très sensibles à l’amertume, et les “taster”, qui se situent quelque part entre ces deux catégories.

Au cours de l’étude, 266 personnes ont été testées positives au Sars-CoV-2, et il s’est avéré que les “non-taster” étaient beaucoup plus susceptibles que les “supertaster” d’être infectés et d’avoir une forme sévère de la Covid-19. Quant aux “taster”, capables de ressentir l’amertume à des niveaux modérés, ils ont plutôt présenté des symptômes légers de l’infection, ne nécessitant pas d’hospitalisation. Les “supertaster” ont en moyenne présenté des symptômes durant environ 5 jours, contre 23 pour les “non-taster”.

Pour expliquer ces observations, les auteurs de l’étude ont une théorie, qui porte sur les récepteurs du goût amer, notamment le récepteur T2R38, situé dans les papilles gustatives.Lorsque T2R38 est stimulé, il répond en produisant de l’oxyde nitrique pour aider à tuer ou empêcher la réplication des virus dans la muqueuse respiratoire”, a déclaré dans un communiqué le Dr Henry Barham, spécialiste des oreilles, du nez et de la gorge à Baton Rouge (Louisiane, États-Unis), co-auteur de l’étude. 

Commentant l’étude, le Dr Alan Hirsch, directeur neurologique de la Smell & Taste Treatment and Research Foundation à Chicago, qui a passé sa carrière à étudier les effets de la perte d’odeur et de goût sur la maladie, estime que ces nouvelles données font sens. Elles pourraient aboutir à un autotest à faire pour savoir dans quel spectre de l’amertume on se situe, et donc si l’on est particulièrement à risque ou non. “Si le céleri a un goût amer pour vous, alors vous êtes un super-taster, et si ce n’est pas le cas, faites attention”, a résumé le Dr Hirsch. 

Reste que d’autres affections ou maladies augmentent aussi le risque de forme grave de Covid-19, il convient donc de rester prudent et de maintenir les gestes barrières quel que soit sa sensibilité à l’amertume, dans l’idée, en outre, de protéger les autres en plus de soi.

COVID-19 : une alimentation à base de végétaux et/ou de poisson pourrait aider à réduire la gravité de l’infection

Plusieurs études ont suggéré que le régime alimentaire pourrait avoir un rôle important dans la gravité des symptômes et la durée de l’infection au COVID-19. Mais jusqu’à présent, preuves ont émergé pour confirmer ou réfuter cette théorie. Une étude publiée dans la revue BMJ Nutrition Prevention & Health suggère que c’est bien le cas : les régimes à base de végétaux et/ou de poissons (pescatarien) pourraient aider à réduire le risque de développer une infection modérée à sévère. Les chercheurs se sont appuyés sur les réponses de 2884 médecins et infirmières fortement exposés au SARS-CoV-2, travaillant en France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni et aux Etats Unis.

L’enquête en ligne a été conçue pour obtenir des informations détaillées sur les habitudes alimentaires des répondants, grâce à un questionnaire de fréquence alimentaire portant sur 47 éléments, et sur une possible infection COVID-19 vécue, de même que sa gravité. L’enquête a également recueilli des informations sur les antécédents personnels et médicaux, l’utilisation de médicaments et le mode de vie. Trois types de régimes alimentaires ont été étudiés : à base de végétaux (riche en légumes, légumineuses et noix, plus faible en viande), pescatarien avec végétaux (avec du poisson et des fruits de mer ajoutés), et des régimes pauvres en glucides et riches en protéines.

Les résultats ont montré que les répondants qui suivent des régimes à base de végétaux ou à base de végétaux et de poissons avaient, respectivement, 73% et 59% de probabilités inférieures de maladie grave, par rapport à ceux qui n’avaient pas ces habitudes alimentaires. Par rapport aux personnes adeptes d’un régime « vert », celles qui suivaient un régime pauvre en glucides et riche en protéines avaient quatre fois plus de risques d’un COVID-19 modéré à sévère. Ces associations s’appliquaient même lorsque le poids et les conditions médicales coexistantes étaient pris en compte, mais aucun lien n’a en revanche été observé entre un quelconque type de régime et le risque de contracter l’infection en elle-même.

Ce constat est facile à expliquer : une alimentation riche en végétaux permet de faire le plein en différents phytonutriments (polyphénols, caroténoïdes), en vitamines et en minéraux… des nutriments importants pour un système immunitaire en bonne santé, affirment les chercheurs. Le poisson est quant à lui une source importante de vitamine D et d’acides gras oméga-3, aux propriétés anti-inflammatoires. Si d’autres études sont indispensables pour confirmer cette découverte, les chercheurs concluent sur le fait qu’un « régime alimentaire de haute qualité est important pour développer une réponse immunitaire adéquate, qui à son tour peut influencer la susceptibilité à l’infection et sa gravité. »

C’est confirmé : une alimentation riche en végétaux aide à se protéger contre le COVID-19

À l’automne 2020, les scientifiques à l’origine de l’application britannique Covid Symptom Tracker, dont le but est suivre la propagation du Covid-19 et d’explorer qui est le plus à risque de contracter la maladie afin de mieux comprendre la pandémie, ont demandé aux contributeurs de remplir un questionnaire sur les aliments qu’ils consommaient avant et pendant la pandémie. Environ 600 000 d’entre eux participé, comme l’explique le site Internet de l’application, et leurs réponses ont permis de confirmer ce que de nombreuses études ont démontré ces derniers mois : les personnes avec une alimentation de qualité et riche en végétaux sont moins susceptibles d’attraper le COVID-19 ou de se retrouver à l’hôpital.

Les chercheurs ont procédé en analysant toutes ces données sur l’alimentation et en les « cartographiant » par rapport aux symptômes du COVID-19 et aux tests positifs signalés dans l’application. L’étude disponible sous forme de préimpression sur medRxiv précise que les réponses des 592 571 contributeurs ont été compilées pour produire un « score de qualité du régime alimentaire », plutôt que d’examiner l’impact d’un aliment ou nutriment spécifique. Pour obtenir un score optimal, le régime alimentaire d’une personne devait contenir une grande quantité de fruits et légumes, de graines et de céréales complètes, du poisson gras et peu d’aliments transformés et de glucides raffinés.

Les auteurs de l’étude ont constaté que les personnes avec ce type de régime étaient environ 10% moins susceptibles de développer un COVID-19 que celles ayant le régime de qualité inférieure, et 40% moins susceptibles de tomber gravement malades si elles développaient l’infection. Cette relation bénéfique entre la qualité de l’alimentation et le risque de COVID-19 était toujours présente après avoir pris en compte l’âge, l’IMC, l’origine ethnique, le tabagisme, l’activité physique et les problèmes de santé sous-jacents. « Notre étude est la première à démontrer qu’un régime alimentaire de meilleure qualité réduit les risques de développer la maladie en premier lieu. », notent les chercheurs.

Si ces derniers ne savent pas expliquer exactement pourquoi le régime alimentaire aide à réduire le risque de COVID-19, leur principale hypothèse concerne son impact sur l’inflammation, sachant que l’infection peut provoquer une réponse inflammatoire sévère. Une autre explication possible concerne le fait qu’un régime principalement végétal améliore la santé du microbiome intestinal. C’est ensuite tout un cercle vertueux qui se met en place : le système immunitaire est renforcé, conduisant à une santé globale optimale et donc à un risque réduit de COVID-19. Sur la base de ces résultats, les chercheurs ont calculé qu’un quart des cas de COVID-19 aurait pu être évité en Angleterre.

Le télétravail doit être privilégié pour les personnes vulnérables. S’il est indispensable, le travail en présentiel doit être assorti de mesures de protection complémentaires. Le cas échéant, les personnes à risque peuvent bénéficier du chômage partiel ou d’un arrêt de travail sur prescription médicale, à condition de remplir certains critères établis par le Haut Conseil de la santé publique (source 4).

Qui peut être considéré comme une personne “vulnérable” au travail ?

Les salariés ou agents du secteurs publics doivent : 

  • être âgés de plus de 65 ans ;
  • avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
  • présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale : broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • être atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
  • être atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • être au troisième trimestre de la grossesse ;
  • être atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise :
    – médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
    – infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 200/mm3 ;
    – consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
     – ou liée à une hémopathie maligne en cours de traitement.

Depuis le 12 novembre 2020, un nouveau critère a été ajouté :

  • Être atteint d’une maladie du motoneurone, d’une myasthénie grave, de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson, de paralysie cérébrale, de quadriplégie ou hémiplégie, d’une tumeur maligne primitive cérébrale, d’une maladie cérébelleuse progressive ou d’une maladie rare.

Quelles conditions pour bénéficier du chômage partiel ou d’un arrêt ? 

Pour être considéré comme vulnérable et bénéficier d’un arrêt de travail ou du chômage partiel, il faut être dans l’impossibilité de recourir totalement au télétravail. Il faut également prouver qu’on ne peut pas bénéficier de mesures de protection renforcées : 

  • Isolement du poste de travail, notamment par la mise à disposition d’un bureau individuel ou, sinon, son aménagement, pour limiter au maximum le risque d’exposition, en particulier par l’adaptation des horaires ou la mise en place de protections matérielles ;
  • Respect, sur le lieu de travail et en tout lieu fréquenté par la personne à l’occasion de son activité professionnelle, de gestes barrières renforcés (hygiène des mains renforcée, port systématique d’un masque de type chirurgical lorsque la distanciation physique ne peut pas être respectée ou en milieu clos, avec changement de ce masque au moins toutes les 4 heures et avant ce délai s’il est mouillé ou humide) ;
  • Absence ou limitation du partage du poste de travail ;
  • Nettoyage et désinfection du poste de travail et des surfaces touchées par la personne au moins en début et en fin de poste, en particulier lorsque ce poste est partagé ;
  • Adaptation des horaires d’arrivée et de départ et des éventuels autres déplacements professionnels, compte tenu des moyens de transport utilisés par la personne, afin d’y éviter les heures d’affluence. 
  • Mise à disposition par l’employeur de masques de type chirurgical en nombre suffisant pour couvrir les trajets entre le domicile et le lieu de travail lorsque la personne recourt à des moyens de transport collectifs.

En cas de désaccord avec l’employeur sur l’appréciation des mesures de protection renforcées (mesures jugées insuffisantes par exemple), il convient de s’adresser au médecin du travail. “Vous êtes alors placé en position d’activité partielle dans l’attente de l’avis du médecin du travail”, précise le service public. 

Une fois toutes les conditions réunies, (comorbidité reconnue, recours au télétravail impossible et mesures de protection insuffisantes), il convient de remettre à l’employeur un certificat d’isolement établi par son médecin.

https://newspowers.planethoster.world/2021/08/17/que-sait-on-du-risque-de-reinfection-par-la-covid-19/